Milieux naturels et faune

ADM s’est dotée d’une politique environnementale qui prévoit notamment la planification du développement de ses territoires dans le respect des contraintes d’accueil des milieux naturel et humain.

Politique de l’arbre

ADM participe également à des projets de mise en valeur des milieux naturels et de plantation d’arbres destinés à améliorer le patrimoine écologique de la région montréalaise. C’est dans cette optique que la Société a adopté une politique de l’arbre qui vise principalement à protéger les secteurs à valeur écologique élevée sur les terrains de l’aéroport. Un inventaire forestier a été réalisé à cet effet dans les secteurs en développement à l’aéroport Montréal-Trudeau. Un projet de plantation d’arbres est en déploiement à Saint-Laurent alors que des discussions sont en cours pour des projets à Dorval et Pointe-Claire.

Boisé Marcel-Laurin à Saint-Laurent

La participation d’Aéroports de Montréal à ce projet vise particulièrement la mise en valeur de l’habitat du monarque par l’ensemencement de plantes herbacées indigènes (asclépiade) qui favorisent la reproduction et l’alimentation de ce papillon. De plus, la contribution d’ADM permettra de restaurer des habitats originaux envahis par le nerprun (plante envahissante). Des arbres et des arbustes y seront plantés au printemps 2010.

Tourbière de Mirabel

Les terres humides sont, avec les terres agricoles et les forêts, d’importants milieux de vie. Elles représentent bien plus qu’un habitat pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux en voie de disparition; elles sont un élément vital des écosystèmes et des économies de différents pays du monde entier. La tourbière de Mirabel est l’une des plus importantes des basses terres du Saint-Laurent et présente à ce titre un grand intérêt pour les organismes de recherche. Voilà pourquoi ADM tient compte des fonctions écologiques et socioéconomiques de la tourbière lors de la planification de son territoire.

Cette tourbière ombrotrophe – c'est-à-dire qui est alimentée exclusivement par de l’eau de pluie – s’étend sur environ 1,7 km2 et est constituée d’une zone centrale à sphaignes et à éricacées. La tourbe s’est accumulée pendant des milliers d’années pour atteindre une épaisseur maximale de 3,30 m dans la partie centrale de la tourbière.

ADM a procédé à une évaluation biophysique de la zone nord-ouest de l’Aéroport Montréal-Mirabel ainsi qu’à une évaluation des impacts potentiels sur la réserve en eau de la tourbière et de la région périphérique.

Les principales fonctions écologiques et socioéconomiques répertoriées de la tourbière de Mirabel sont les suivantes :

  • Alimenter les réserves en eau (zone de recharge pour la réserve en eau de la région et alimentation des puits d’eau potable des riverains);
  • Constituer un puits de carbone (la tourbière piège environ 170 000 tonnes de carbone sous forme de tourbe, et d’autres polluants);
  • Conserver la biodiversité des espèces (76 espèces végétales ont été dénombrées de même qu’un large éventail d’oiseaux, de mammifères et de reptiles).

ADM a pris les mesures suivantes pour protéger la tourbière :

  • La protection du territoire à l’emplacement même de la tourbière;
  • La détermination d’une bande de protection de 50 mètres dans laquelle des restrictions s’appliquent lors de travaux de construction, de sorte à ne pas modifier les conditions hydriques de la tourbière.

Déneigement et déglaçage des aires de manœuvre

Compte tenu des conditions hivernales exceptionnelles qui prévalent au Québec, le déneigement et le déglaçage des pistes sont d’une importance cruciale pour ADM. Les aéroports de Montréal n’ont jamais fermé, même pas l’hiver! Chaque année, 1100 tonnes de dégivrant sont nécessaires pour assurer l’entretien des aires de manœuvre aux aéroports Montréal-Trudeau et Montréal-Mirabel.

Jusqu’à tout récemment, on dégivrait les aires de manœuvre principalement avec de l’urée, moins corrosive que les sels utilisés pour les routes. Cependant, l’urée a un impact sur l’environnement puisqu’elle réduit l’oxygène disponible pour la faune et la flore. Il existe toutefois d’autres produits moins nocifs comme l’acétate de potassium et le formiate de sodium. ADM a procédé à des études pour s’assurer qu’ils étaient tout aussi efficaces et qu’ils n’entraînaient aucun risque pour la sécurité. Grâce à ces produits de remplacement, ADM a déjà réduit considérablement l’utilisation de l’urée et compte l’éliminer complètement à Montréal-Trudeau d’ici 2011.

Récupération du glycol

On utilise le glycol, mélangé à l’eau, pour le dégivrage des avions. Si ce produit se retrouve en trop grande quantité dans les cours d’eaux, il peut être néfaste pour la faune et la flore aquatiques. ADM a investi près de 40 millions $ dans la construction d’un centre de dégivrage à l’aéroport Montréal-Trudeau, qui permet de récupérer les dégivrants usés par un système de conduites souterraines. Ce système protège ainsi les cours d’eau.

Grâce à des technologies de pointe, les camions de dégivrage – munis de senseurs – peuvent mieux cibler l’application de dégivrant et en augmenter l’efficacité, réduisant ainsi la quantité utilisée tout en respectant les normes de sécurité les plus élevées.

Une certaine quantité de dégivrant pouvant être recyclée, ADM, avec ses partenaires, a consenti des efforts pour mettre en place un système de récupération de ces produits en vue de les valoriser et, éventuellement, de les réintroduire dans le processus de dégivrage.

Contrôle de la faune

La présence d’oiseaux et d’animaux sauvages dans un aéroport peut interférer avec les activités aéroportuaires et, par conséquent, représenter un risque potentiel pour la sécurité.

Afin de réduire les risques liés aux activités de la faune à l’aérodrome et dans les environs, ADM utilise les services de fauconniers, qui emploient des méthodes très écologiques. Cette équipe, Faucon Services Environnementaux, appuie le Service d’incendie d’ADM en matière de gestion de la faune. Elle regroupe cinq fauconniers et quatre « employés aviaires » : trois buses de Harris et un faucon hybride gerfaut-pèlerin nommé Mustang.

Conformément aux normes et règlements émis par Transports Canada, ADM s’est dotée d’un plan de contrôle de la faune. Grâce à celui-ci, le nombre d’impacts d’animaux sur son territoire se situe entre 2,4 et 2,6 par 10 000 mouvements, soit en-deçà du seuil de 3 établi par Transports Canada. Précisons qu’un impact est reconnu s'être produit lorsqu’un pilote ou un membre du personnel au sol a signalé un contact, si mineur soit-il, avec un oiseau ou un animal, ou lorsqu’on rapporte la présence de restes d’animaux à une distance de 200 mètres ou moins de la ligne médiane d’une piste. Ces impacts peuvent se produire plus fréquemment à l’atterrissage, lorsque l’appareil est en phase de roulement, qu’au décollage.

Espèces présentant des risques

Le plan de gestion de la faune d’ADM est basé sur un inventaire de toutes les espèces vivant sur le territoire aéroportuaire, et sur une analyse de leurs caractéristiques et de leur comportement. Cette étude a permis de classifier les espèces en fonction du risque qu’elles représentent et d’établir celles qui doivent être gérées en priorité. Parmi celles-ci, mentionnons : les sauterelles, criquets et grillons, de même que les micromammifères (souris, campagnols, mulots), non parce qu’ils comportent un risque en eux-mêmes, mais parce qu’ils attirent bon nombre d’oiseaux et d’animaux qui s’en nourrissent.

  • Les bernaches du Canada, susceptibles de causer plus de dommages en raison de leur grande taille et du fait qu’elles se déplacent en groupes. De plus, leur vol étant relativement lent, leur capacité d’éviter les aéronefs est réduite. 
  • Les crécerelles d’Amérique, souvent vues à l’aéroport alors qu’elles chassent les insectes au-dessus des pistes. 
  • Les étourneaux sansonnets, les goélands à bec cerclé, et les hirondelles à front blanc et rustiques. Présents en grand nombre à l’aéroport, ces oiseaux forment de grands groupes. 
  • La marmotte commune et le renard roux. Ce sont les mammifères les plus abondants sur le site et quelques impacts leur ont été attribués au cours des dernières années. 
  • Bien que rarement observé sur le territoire, le castor est tout de même surveillé car il peut attirer des prédateurs tels que le coyote et la sauvagine. Une pouponnière a été repérée et contrôlée dans l’immense marais situé sur le territoire de l’aéroport.

Méthodes de contrôle

L’équipe de gestion de la faune patrouille quotidiennement le territoire de l’aérogare à pied ou en voiture. Elle étudie le comportement des oiseaux et des animaux, et analyse le contenu de l’estomac des spécimens trouvés morts sur le site, afin de connaître leurs habitudes et de savoir comment les déjouer. Les approches employées à cette fin se divisent en deux catégories :

1. Les techniques dites passives, qui consistent à modifier les habitats sur le territoire aéroportuaire afin de le rendre inhospitalier pour les oiseaux et les animaux :

  • Tonte du gazon à un minimum de 15 cm, pour que les insectes, vers et micromammifères ne puissent être repérés par leurs prédateurs; 
  • Épandage d’insecticide spécifique aux espèces visées, localisé aux secteurs problématiques (abords des pistes), à certaines périodes de l’année avant que les insectes ne soient au stade adulte; 
  • Recouvrement des bassins de rétention d’eau par des balles flottantes (birds balls) pour empêcher les oiseaux aquatiques de s’y poser; 
  • Affiches avisant le personnel et les visiteurs de ne pas nourrir les animaux; 
  • Démantèlement des nids d’oiseaux (avant la saison de la ponte); 
  • Disposition de bandes à piques sur les enseignes ou sur toute autre structure pouvant servir de perchoir.

2. Les techniques dites actives, qui visent à éloigner, enlever ou exclure les animaux du terrain de l’aéroport :

  • Fauconnerie (chasse avec faucons ou buses entraînés pour disperser ou capturer les oiseaux), en association ou non avec l’équipe canine; 
  • Répulsifs auditifs (canons, imitation du cri de détresse de diverses espèces, détonateurs reproduisant un coup de fusil, fusées pyrotechniques); 
  • Répulsifs visuels (carcasses d’oiseaux laissées en évidence aux endroits stratégiques pour décourager leurs congénères de s’y poser); 
  • Répulsifs olfactifs, tels qu’épandage d’urine de loup; 
  • Trappes, cages, pièges, collets pour capturer oiseaux et mammifères et les relocaliser; 
  • Capture, stérilisation et relocalisation des renards et castors.

Enfin, l’équipe de gestion de la faune est chargée de la formation des pompiers, des équipes de terrain et des membres de la Sûreté d’ADM afin que ceux-ci contribuent à l’application du plan de contrôle de la faune.

Partenariats

Certaines activités de gestion de la faune d’ADM sont menées en partenariat avec des intervenants externes. Par exemple, le Biodôme collabore au programme de stérilisation et de relocalisation des renards, et la Ville de Montréal contribue à une initiative semblable concernant les castors. Une étude conjointe avec l’Université McGill portant sur les crécerelles est également en cours depuis trois ans. Enfin, la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal coopère avec l’équipe d’ADM pour la capture et la réhabilitation des oiseaux de proie blessés.